L’Approche narrative en coaching individuel

L’Approche narrative est issue de l’école de Palo Alto, l’approche systémique et l’IGB de Gregory Bateson.

Elle est née en Australie et en Nouvelle Zélande sous sa forme thérapeutique, a été découverte et développée en France par des coachs depuis 10 ans.

L’esprit narratif

Chacun d’entre nous se raconte des histoires à propos de ce qui lui arrive

Toutes sortes d’histoires. Les histoires qu’il (se) raconte ainsi du matin au soir contribuent à façonner son identité. Car selon Paul Ricœur, si nous avons une identité génétique fixe, une grande partie de notre identité est mobile, susceptible d’évoluer en fonction des récits que nous faisons à propos de nos expériences de vie.

Déjà quand nous étions petits, nous entendions les histoires que les adultes racontaient de  nous, et nous en sommes imprégnés.

Certaines de ces histoires nous donnent confiance en nos capacités et développent notre estime de nous-mêmes. D’autres sont plutôt négatives et vont contribuer à nous donner une image dégradée de nous-mêmes.

Une histoire dominante, des histoires négligées

Nous avons tendance à raconter et à nous raconter souvent une même histoire (appelée dans le langage narratif « histoire dominante »),  une histoire de problème récurrent, une histoire de plainte, ou encore une histoire issue d’une expérience de vie douloureuse. Une histoire dominante peut finir par envahir tout le terrain si on la laisse faire.

Raconter notre histoire dominante a des effets bénéfiques sur nous car elle nous soulage temporairement, mais en réalité revenir encore et encore sur notre histoire de problème nous plombe et nous empêche d’avancer vers là où nous avons envie d’aller, par exemple vers un projet qui nous tient à cœur, vers une « histoire préférée ».  

Le coach narratif développe UNE DOUBLE ECOUTE spécifique de l’approche narrative :

-Il écoute les histoires de négativité et de problème, il entend la souffrance qui est racontée. Il détecte l’histoire dominante négative qui  bloque la personne (et la fait souffrir sans qu’elle s’en rende toujours compte).

-Et en même temps, il cherche à entendre si la personne lui raconte AUSSI des fragments d’histoires qui n’appartiendraient pas à l’histoire dominante, qui relèveraient d’une autre dynamique, par exemple si la personne dit au détour d’une phrase « j’aimerais bien faire ceci », ou encore « à un moment, je faisais cela et ça marchait bien ». De tels fragments d’histoires sont appelés dans le vocabulaire narratif « les fines traces » d’autres voies possibles.

A partir du moment où il a détecté l’histoire dominante  d’une part et a entendu de fines traces d’autres histoires porteuses d’espoirs, d’intentions, de rêves, alors le coach narratif entre dans l’accompagnement narratif proprement dit.

Avec, au départ, une double intention :

-« externaliser » le problème de la personne avec elle, i.e. décoller le problème de la personne,

-« épaissir » les fines traces premièrement détectées, pour leur donner de la consistance et en faire des « histoires préférées ».

Le problème est le problème, la personne est la personne

Le problème n’est pas la personne, la personne n’est pas le problème

Si quelqu’un vient me voir en me disant : « j’ai  un problème de leadership ». Je redéfinis ce qu’il me dit : « vous venez me voir pour parler d’une histoire de leadership qui vous pose un problème ». Du coup le « problème de leadership » commence à être séparé de la personne et à exister en tant que tel. Le problème va se mettre à avoir une vie propre : comment va-t-il s’y prendre pour embêter la personne ? La personne va-t-elle se laisser faire ?

Le coach narratif s’attache à ce que fait le problème pour « enquiquiner » la personne, et comment la personne résiste aux attaques du problème.  

Les histoires « préférées », celles qui nous font du bien et nous font avancer.

Ce sont celles qui parlent de nos rêves, de nos espoirs, de nos intentions, de ce qui est important pour nous. Celles qui nous mettent en action.

Elles commencent souvent par des bribes, de « fines traces », qui sont autant de pépites à ne surtout pas laisser passer.

Au coach de les « épaissir », i.e. de les faire raconter dans le détail et avec précision, et de les relier à ce qui est précieux pour la personne. Elles prennent alors de l’ampleur pour devenir les « histoires préférées » des clients.

L’expérience montre que le processus enrichit la façon dont la personne se voit, renforce son estime d’elle-même et la rend plus forte.

C’est pourquoi les coachs narratifs mettent les histoires préférées des clients au cœur du processus de coaching : ils mettent le projecteur sur ce qui fonctionne dans la vie de la personne, sur ses compétences, leur intention est de les épaissir, de les élargir.

Le contexte : les aller & retours entre le contexte et le client

La société fait l’individu et influe en permanence sur la manière dont il se raconte des histoires.

Par exemple, lors des suicides ou burnouts constatés dans les entreprises, les causes personnelles mises en avant n’expliquent que très partiellement ces phénomènes. Sont souvent beaucoup plus importantes les causes liées au contexte de l’entreprise : conditions et rythme de travail, manque de reconnaissance, procédures et prescriptions, évaluation individuelle des performances, tout ceci contribue à la démotivation, au découragement et parfois à la violence. Et donc à ce que la personne se raconte des histoires négatives sur son travail et sur elle-même.

De même, comment ne pas voir que le contexte socioculturel, familial et relationnel dans lequel a vécu la personne n’ait pas profondément influé sur les histoires qu’elle se raconte ? Enfin, nos clients nous racontent que certaines personnes leur font du bien, d’autres non.

C’est pourquoi les coachs narratifs cherchent à comprendre l’influence des contextes socioculturels et relationnels à la fois sur les difficultés de leurs clients, et aussi sur ce qui les soutient pour s’en sortir.

Quelques outils utilisés de manière privilégiée par les coachs narratifs

Les questions dites narratives – L’arbre de vie – L’externalisation – Les shoulds et des coulds – Le club de vie – Les témoins extérieurs – Le remembrement – Les petites voix et les conversations intérieures – La « déconstruction »

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